Frise chronologique
1855
Fondation de la fabrique
Fondation de la fabrique
1855 (≈ 1855)
Création par Jean-Baptiste Giscard, ex-contremaître Virebent.
1920
Apogée et monopole religieux
Apogée et monopole religieux
1920 (≈ 1920)
Dépositaire officiel du carmel de Lisieux.
29 octobre 1975
Première protection
Première protection
29 octobre 1975 (≈ 1975)
Inscription des façades aux Monuments Historiques.
13 mars 1998
Classement complet
Classement complet
13 mars 1998 (≈ 1998)
Inscription de l’ensemble (ateliers, fours, cour).
2005
Legs à la ville
Legs à la ville
2005 (≈ 2005)
Don de Joseph Giscard à la mairie.
2012
Création de l’association
Création de l’association
2012 (≈ 2012)
Manufacture Giscard pour valoriser le patrimoine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façade et toiture sur l'avenue (cad. AE 46) : inscription par arrêté du 29 octobre 1975. Façades et toitures sur rues (cad. AE 44) : inscription par arrêté du 29 octobre 1975. Fabrique Giscard en totalité y compris ensemble des ateliers et locaux techniques (avec façades et toitures), espaces d'exposition avec éléments fixés, monte-charges, bibliothèque, bureau, fours, cour et son sol avec groupe statuaire, malaxeur et bassins, verrière et portail d'entrée : inscription par arrêté en date du 13 mars 1998
Personnages clés
| Jean-Baptiste Giscard - Fondateur de la fabrique |
Ancien contremaître de Virebent, pionnier. |
| Bernard Giscard - Sculpteur et successeur |
Créateur de modèles religieux (1851-1926). |
| Henri Giscard - Directeur et professeur |
Dirigea la manufacture (1926-1965), enseigna aux Beaux-Arts. |
| Joseph Giscard - Dernier dirigeant |
Légua la fabrique à Toulouse en 2005. |
| Pascal Virebent - Maître d’œuvre initial |
Inspira le style éclectique en terre cuite. |
Origine et histoire
La fabrique Giscard, située au 25 avenue de la Colonne à Toulouse, fut fondée en 1855 par Jean-Baptiste Giscard, ancien contremaître de l’usine Virebent. Spécialisée dans les ornements en terre cuite (antéfixes, mascarons, statues religieuses), elle connut son apogée avec 50 ouvriers, alimentant églises, hôtels particuliers et maisons toulousaines. La façade, entièrement décorée de terre cuite, servait de vitrine technique, incluant des symboles sculpturaux comme trois singes aux angles, évoquant ironiquement le patron.
En 1926, Henri Giscard, professeur de céramique aux Beaux-Arts de Toulouse, prit la direction de la manufacture, succédant à son père Bernard, sculpteur de modèles religieux (chemins de croix, monuments aux morts). Dans les années 1920, la maison devint dépositaire officiel du carmel de Lisieux, obtenant le monopole des statues de Sainte Thérèse. Joseph Giscard, dernier dirigeant, légua la fabrique à la mairie en 2005, après avoir racheté des moules Virebent en 1968.
Classée Monument Historique en 1975 (façades) puis en 1998 (ensemble), la fabrique abrite encore fours, moules en plâtre et une cour avec malaxeur et bassins. Son déclin reflète la désaffection pour l’art religieux industriel : de 50 ouvriers en 1920, elle passa à 1 seul dans les années 2000. Aujourd’hui, l’Association Manufacture Giscard, créée en 2012, valorise ce patrimoine artisanal et architectural.
L’influence de la famille Virebent, pionnière de la terre cuite toulousaine, est palpable dans le style éclectique de la fabrique Giscard, mêlant Renaissance et XVIIe siècle. Pascal Virebent, maître d’œuvre initial, inspira Jean-Baptiste Giscard, dont les créations ornèrent la région. Les éléments protégés incluent la bibliothèque, les ateliers, et un groupe statuaire dans la cour, témoignages intacts de cette activité semi-industrielle.
La fabrique illustre aussi l’évolution sociale de Toulouse : d’un atelier prospère au XIXe siècle, elle devint un symbole de la mécanisation croissante et de la perte des savoir-faire traditionnels. Les journées du patrimoine de 2012 et l’exposition au musée Paul-Dupuy en 2013 ont relancé l’intérêt pour ce lieu, où se croisent histoire ouvrière, art religieux et innovation céramique.